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Deux résolutions de l’ONU, un seul Détroit — et l’Occident est divisé
Le détroit d’Ormuz étouffe l’économie mondiale. Près de 20 % de tout le pétrole mondial transite chaque jour par cette étroite voie navigable.
Depuis trois mois, l’Iran l’a pratiquement fermé — et la réponse occidentale aux Nations Unies se résume à deux projets de résolution concurrents qui ne parviennent pas à s’accorder sur la marche à suivre.
La France a rédigé un projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU visant à mettre en place une mission internationale pour rétablir la circulation dans le détroit d’Ormuz, et pourrait le soumettre si les conditions s’y prêtent — tandis que Washington peine à soumettre au vote un texte que la Russie et la Chine pourraient qualifier de partial envers Téhéran.
Le Brent se négocie actuellement à environ 105 dollars le baril, des analystes indépendants prévoyant des prix atteignant 154 dollars le baril si la fermeture se prolonge jusqu’à douze semaines.
Deux cents dollars le baril n’est plus considéré comme un scénario extrême. Ce n’est pas une abstraction.
C’est votre facture de gaz, votre facture d’épicerie et votre facture de chauffage — qui explosent toutes en même temps.
Le monde observe. Et l’Occident se dispute avec lui-même à l’ONU pendant que l’Iran tient le robinet.
Le projet américano-bahreïni — ce qu’il exige et pourquoi il est bloqué
Le projet de résolution américano-bahreïni est direct. Sans ambiguïté.
Il exige que l’Iran cesse immédiatement ses attaques et ses opérations de minage dans le détroit d’Ormuz.
Washington a accompli une remarquable réussite diplomatique en obtenant le soutien d’environ 140 pays coparrainant le texte.
140 pays.
Pourtant, le vote a été reporté à plusieurs reprises. Pourquoi ?
Parce que deux pays suffisent à le torpiller. La Chine et la Russie ont mis leur veto à un texte similaire soutenu par les États-Unis en avril, arguant qu’il était partial envers Téhéran.
Ils le feront presque certainement à nouveau.
La France, elle-même membre permanent du Conseil de sécurité disposant d’un droit de veto, a jusqu’à présent refusé de soutenir le texte américain. Paris estime qu’il est diplomatiquement voué à l’échec dès le départ.
Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a déclaré que le projet américano-bahreïni « constitue la base des discussions actuelles » — mais aucune date de vote n’a été fixée.
140 pays derrière une résolution. Deux pays avec un veto prêt à l’emploi.
Voilà le Conseil de sécurité de l’ONU en 2026 — un système qui récompense systématiquement l’agression et punit la clarté.
Les conservateurs America First le disent depuis des années : l’ONU est brisée. En voici la preuve.
Le projet français — langage plus souple, adhésion plus large, ou simple apaisement ?
Le projet concurrent de la France adopte délibérément une approche différente.
Il n’exige pas explicitement que l’Iran cesse ses opérations de minage dans le détroit d’Ormuz. Il ne condamne pas Téhéran nommément.
Au lieu de cela, il appelle à une mission internationale pour rétablir la liberté de navigation, avec un langage soigneusement élaboré pour éviter de déclencher un veto russe ou chinois.
Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a confirmé que Paris travaille sur une mission internationale axée sur le rétablissement de la liberté de circulation maritime et la protection du transport commercial dans le détroit.
Mais voici ce qui devrait alarmer tout citoyen des États-Unis.
Le président français Emmanuel Macron a déclaré qu’il soutient un cadre onusien pour toute action dans le détroit, mais a refusé de participer à des opérations immédiates, insistant sur le fait que les efforts internationaux ne pourraient progresser qu’une fois les hostilités apaisées et avec le consentement de l’Iran.
Relisez cela lentement. Avec le consentement de l’Iran.
La France demande à l’incendiaire la permission d’appeler les pompiers.
Le point de vue des États-Unis est que le texte français ne va pas du tout assez loin. Ils ont raison.
Un langage mou n’a pas arrêté Hitler. Il n’a pas arrêté Staline. Et il n’arrêtera pas Téhéran.
La Chine, la Russie et le veto qui protège l’Iran
La véritable histoire derrière les deux résolutions sur le détroit d’Ormuz n’est pas la France contre les États-Unis. C’est la Chine et la Russie qui utilisent le Conseil de sécurité de l’ONU comme bouclier diplomatique pour Téhéran.
Chaque fois que l’Occident rédige un texte clair tenant l’Iran pour responsable, Pékin et Moscou ont recours à leur veto. Ce n’est pas un argument juridique. C’est une arme géopolitique.
La Chine a besoin que l’approvisionnement énergétique de l’Occident soit perturbé pour affaiblir ses concurrents industriels. La Russie a besoin que le pétrole dépasse 100 dollars le baril pour financer sa machine de guerre en Ukraine.
Les deux puissances ont tout intérêt à maintenir la crise du détroit d’Ormuz aussi longtemps que possible.
L’Iran a créé l’Autorité du détroit du Golfe Persique et exige désormais une autorisation formelle ainsi que des frais pouvant atteindre 2 millions de dollars américains par navire, payables en yuan chinois ou en cryptomonnaie pour contourner les sanctions occidentales, constituant en substance un péage sur l’approvisionnement énergétique mondial, soutenu par la couverture diplomatique russe et chinoise à l’ONU.
Le livre des Proverbes avertit qu’un homme méchant accepte un présent en secret pour pervertir les voies de la justice (Proverbes 17:23).
La Russie et la Chine n’acceptent pas de pots-de-vin : elles échangent des vetos contre du pétrole, contre des yuans et contre des avantages stratégiques.
La perversion de la justice au Conseil de sécurité est tout aussi réelle. Et les conséquences pèsent sur les gens ordinaires du monde entier qui paient 105 dollars le baril, un prix en constante hausse.
L’accord bilatéral de Trump avec l’Iran est peut-être la seule voie réellement praticable. Car l’ONU, comme d’habitude, n’est pas la solution. Elle fait partie du problème.
Le détroit d’Ormuz ne sera pas libéré par des résolutions. Il le sera par la force.



