This post is also available in:

Le paradoxe de la course à l’IA en Europe
La réponse courte à sa question est oui : l’Europe accuse un retard considérable dans la course à l’IA, et ce n’est pas un hasard.
Les dernières données du Stanford AI Index montrent que les États-Unis ont produit environ quarante à cinquante grands modèles fondamentaux d’IA, la Chine une trentaine, et toute l’Europe réunie seulement quelques-uns.
L’investissement privé dans l’IA aux États-Unis a atteint des centaines de milliards de dollars.
Pendant ce temps, la fragmentation du marché européen et des coûts énergétiques plus élevés maintiennent la plupart des laboratoires de pointe ancrés aux États-Unis ou, de plus en plus, en Chine.
Superpuissance de la réglementation de l’UE, suiveur en matière d’IA
L’Europe aime à dire qu’elle construit une « IA digne de confiance », mais en pratique elle passe plus de temps à parler de réglementation et de « valeurs » qu’à parler de modèles et de capitaux.
La loi européenne sur l’IA en est l’exemple parfait.
Bruxelles a créé une taxonomie des risques élaborée, un Bureau de l’IA doté de pouvoirs d’enquête sur les modèles « systémiques », et une machine de conformité qui frappe en premier les petits innovateurs.
Même des économistes européens avertissent désormais que cet effet Bruxelles 2.0 exporte les règles de l’UE dans le monde entier tout en enfermant le continent dans une position de suiveur.
Un haut responsable de l’UE a récemment reconnu l’écart : « Nous ne menons pas la course à l’IA en termes d’investissement ou de déploiement, mais nous visons à mener en matière d’établissement des règles. »
Cela semble honnête, et ressemble aussi à un choix politique consistant à être un arbitre de l’IA plutôt qu’un véritable acteur.
Ce qui attend l’Europe et les États-Unis
Pour les États-Unis, la leçon est simple : ne PAS copier Bruxelles si vous voulez rester en tête.
Les États-Unis devancent encore la Chine en matière d’investissement privé dans l’IA et de nombre de modèles de pointe, même si Pékin s’efforce de combler l’écart de performance grâce à l’argent public et à la politique industrielle.
Le pire scénario serait que Washington importe une hyper-réglementation à l’européenne au moment même où la Chine monte en puissance, surtout sous une administration du Parti démocrate qui traite les nouvelles règles et les bureaucraties comme la réponse par défaut à chaque défi technologique.
Une stratégie America First en matière d’IA devrait faire le contraire : protéger la liberté d’expression, sécuriser les données critiques et les puces, et libérer les capitaux privés et les infrastructures sur le territoire national au lieu d’enchaîner chaque modèle à la paperasserie à la bruxelloise.
C’est plus proche de ce que Trump a défendu lors de son premier mandat : déréglementation, allègements fiscaux et politiques énergétiques qui ont fait des États-Unis le meilleur endroit au monde pour construire des industries à haute intensité de calcul.
En matière d’IA, comme dans tous les autres domaines, l’Europe est en train de devenir une superpuissance de la réglementation et un suiveur technologique. L’UE perd largement la course à l’IA.
Les États-Unis n’ont pas à commettre la même erreur.
Les pays sérieux se distinguent par leurs modèles et leurs capitaux, non par leur paperasserie.
Réponse à @ecommerceshares [En réponse à : https://x.com/ecommerceshares/status/2052301649905905810]



